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UN COMBAT POUR LA JUSTICE : Notes de production
LA GENÈSE DU PROJET

L’histoire de Louise Arbour est celle d’une croisade pour le respect de la dignité humaine avec pour seule arme la loi. Si Un combat pour la justice est d’abord une fiction, le téléfilm relate fidèlement les événements réels qui ont inspiré le scénario, mais rend aussi la passion, la chaleur et le charme de Louise Arbour. On découvre un personnage porté par la même détermination que la juriste, celle d’éviter aux générations futures les outrages infligés aux régions des Balkans et du Kosovo.

« Les déportations, les meurtres, les viols, les hommes émaciés confinés dans des camps de concentration… Il fallait que ces horreurs cessent », se souvient la productrice et productrice exécutive Francine Allaire. « Mais malgré notre indignation, les massacres continuaient. Comme plusieurs, j’ai alors mis ma foi en Louise Arbour pour ramener dignité et paix. Lorsqu’elle a inculpé Milosevic, elle est devenue une véritable héroïne et j’ai décidé de partager son histoire avec le plus grand nombre de personnes possible ».

Se sont joints à sa cause le président de Galafilm, le gagnant d’un Primetime Emmy Award Arnie Gelbart, Anne Marie La Traverse, Randy Holleschau, de Crazy Dreams Entertainment, et Christine Ruppert, de la maison allemande Tatfilms.

C’est en 2001 que Francine Allaire rencontre pour la première fois Louise Arbour, à la Cour suprême du Canada, à Ottawa, où elle siège. Comme cette dernière ne peut s’impliquer dans la préparation du film, de par l’obligation de réserve imposée par ses fonctions de juge, Allaire lui promet de respecter la vérité émotionnelle et l’intégrité des événements. Arbour a d’ailleurs parfaitement compris que pour arriver à résumer trois ans de combat en un téléfilm, il faudrait simplifier l’histoire et omettre d’importants joueurs.

Pour arriver à un portrait le plus authentique possible de la situation, les producteurs ont procédé à une collecte minutieuse d’informations sur les événements. À ce titre, le matériel du documentariste montréalais Ole Gjerstad, qui a suivi Arbour avec sa famille, ses amis et ses collègues pendant son mandat en ex-Yougoslavie et au Rwanda, a été particulièrement utile.

Pour donner vie à l’histoire de Louise Arbour au petit écran, les noms des scénaristes Ian et Riley Adams se sont rapidement imposés. Très versés en thrillers politiques, ces auteurs avaient déjà pondu pour Galafilm le scénario du téléfilm . Et comme certaines rencontres sont écrites dans le ciel, les Adams avaient déjà pour projet de se pencher sur le cas de Louise Arbour.

Puis, la jeune et brillante scénariste torontoise Michelle Lovretta a mis la main finale au scénario pour y insuffler sensibilité, finesse, panache.

LA RÉALISATION

Le réputé réalisateur canadien Charles Binamé (Maurice Richard, Un homme et son péché) s’est avéré un choix naturel. « Nous cherchions un réalisateur capable d’illustrer le côté épique de l’histoire et toute sa charge émotionnelle », explique Allaire. « De plus, Charles est un peintre, il a un sens remarquable de l’esthétique. Et comme il est Québécois lui aussi, j’ai pensé qu’il pourrait développer un rapport particulier avec Louise ».

Pour Binamé, le défi était de raconter cette histoire sans tomber dans le piège du documentaire. Il voulait en faire une œuvre dynamique, touchante, vibrante. Il s’agissait, par ailleurs, du premier film de fiction de Binamé inspiré d’une histoire vraie. Le réalisateur a profité de l’occasion pour nouer des liens d’amitié avec Louise Arbour.

Pour celui qui a vu Milosevic à La Haye, il était essentiel que toutes les accusations portées envers le personnage dans le film soient coulées dans le béton.

LA DISTRIBUTION

Charles Binamé a porté un grand soin à sa distribution. Pour interpréter Louise Arbour, il a choisi la Canadienne Wendy Crewson (Sex Traffic, A Home at the End of the World, The Clearing). Réputée pour son allure plutôt glamour, la comédienne aurait pu en faire sourciller certains dans ce rôle d’une femme qui brille d’abord pour son esprit. Mais aux yeux de Binamé, Crewson a parfaitement saisi toute la profondeur du personnage. Il n’est pas le seul à penser ainsi, puisque la comédienne a raflé le prix d’interprétation féminine au dernier FIPA.

Il faut dire qu’Arbour a fait toute une impression sur la comédienne, qui a été soufflée par sa compassion, son humour, son humilité et surtout, sa profonde intelligence.

Wendy Crewson était par ailleurs ravie de retrouver dans la peau des généraux Salinski et Mortimer de vieilles connaissances : son époux à la ville Mike Murphy, mais aussi son parntenaire dans le film The Doctor, William Hurt.

C’est sur le plateau de son Papillon bleu que la productrice Francine Allaire a parlé pour la première fois de son projet sur Louise Arbour à William Hurt. L’acteur oscarisé lui a alors tout simplement répondu que, si on avait besoin de lui dans ce téléfilm, il y serait. Il tenait à apporter sa contribution.

Pour John Corbett (My Big Fat Greek Wedding, Sex and the City, Raising Helen), il était aussi important de participer à ce projet. Non seulement était-il ravi de troquer son rôle d’éternel soupirant pour celui d’un homme militaire, mais sa compagne l’a convaincu de la nécessité sociale de raconter l’histoire de Louise Arbour.

Le comédien Stipe Erceg s’est quant à lui glissé dans la peau de Pasko, le traducteur de Louise Arbour. Ayant quitté sa Croatie natale à l’âge de cinq ans, ce jeune acteur populaire d’Allemagne a apporté une inimitable touche d’authenticité à son rôle. Son collègue Heino Ferch, aussi une grande vedette en Allemagne (« les paparazzi le pourchassent à Berlin! », relate Anne Marie La Traverse), campe de son côté le personnage de Keller. Ayant fait la connaissance de Charles Binamé dans un festival plusieurs années plus tôt, l’acteur était ravi d’accepter l’offre de son ami. D’autant plus qu’il avait suivi avec intérêt et inquiétude les développements du conflit balkan.

Les comédiens québécois Claudia Ferri (Mambo italiano, Ciao bella) et Jacques Godin (Sous le signe du lion, Being at Home with Claude), ainsi que l’actrice Leslie Hope (24) complètent la distribution.

LE TOURNAGE

Créer l’univers où évoluerait cette imposante équipe n’a pas été une mince tâche. Heureusement, la régisseure d’extérieur, Michèle St-Arnaud, a fait une découverte exceptionnelle : un immeuble pouvant aisément devenir, à Montréal, une parfaite réplique du Tribunal pénal de La Haye. Construit spécialement pour le méga-procès des Hell’s Angels en 2000, l’immeuble jouxte la prison de Bordeaux et compte un dédalle de tunnels menant directement des salles de cour aux cellules.

Reconstituer les charniers s’est avéré une tâche beaucoup plus délicate et pénible. Avec la collaboration d’anciens soldats des Nations Unies, l’équipe a installé un charnier fictif en banlieue de Montréal, sur un terrain rappelant les décors de la campagne croate.

Comme le rappelle Anne Marie La Traverse, l’équipe s’est solidement documentée sur les procédures légistes. L’expérience n’avait évidemment rien d’agréable, mais était essentielle pour recréer les événements avec tout le respect dû aux victimes et aux équipes de l’ONU qui ont travaillé dans les charniers.

Si la majeure partie du film a été tournée à Montréal, c’est en Allemagne et en Hollande (à La Haye, plus précisément) que l’équipe a complété la production.

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